2014/09/04

Pleine conscience et recherche scientifique

Depuis de nombreuses années, la pleine conscience constitue un vaste domaine de recherche scientifique sur le plan international.

Ces études suggèrent un impact mesurable de la pratique de la pleine conscience sur le bien-être et certains paramètres de la santé, à travers notamment un effet calmant sur l'amydale (la partie de notre cerveau activée en cas de stress, provoquant les réactions de type "fight, fly, freeze") permettant au cortex prefrontal d'opérer de façon plus efficace face dans les situations stressantes.

Les recherches en matière de neuro-plasticité (la capacité de notre cerveau de se façonner et de se refaçonner à partir de notre expérience) et d'épigénétique (la discipline étudiant les mécanismes moléculaires qui modulent l'expression - ou non - de notre patrimoine génétique en fonction du contexte) sont venues appuyer la thèse que nous pouvons impacter notre état de santé et de bien-être à travers la pratique de la méditation et notamment:
  • réduire le taux d'inflammation dans notre corps (provoqué par les réactions physiologiques du stress)
  • maintenir les télomères (les bouts de nos chromosomes responsables du vieillissement et de la dégradation de notre santé) en bonne condition
permettant ainsi de nous protéger contre les effets néfastes du stress chronique et l'apparition de la maladie. Voici un article intéressant à ce propos. 

Une étude récente* a exploré l'impact de différents types de pratiques méditatives sur la structure du cerveau, menant à des effets variés sur le plan social, cognitif et comportemental. Cette étude a révélé que des changements précis dans la structure du cerveau pouvaient être attribués à différents types de pratiques méditatives et notamment que ces changements s'opèrent dans des parties différentes du cerveau en fonction de ce que la pratique vise un entraînement (i) à la pleine attention et l'introspection, (ii) aux compétences socio-affectives (compassion, gestion des émotions difficiles, motivation pro-sociale) ou (iii) aux compétences socio-cognitives (perception, prise de perspective et méta-cognition). 

Nonobstant ces constats prometteurs, il est important de noter que la pratique de la pleine conscience n'est pas une panacée. Elle ne convient pas à toute personne, ni à toute condition et peut dans certains cas entraîner des effets non désirés. Dans le cas notamment de traumatismes passés, la pratique de la pleine conscience peut relever des défis si elle ne tient pas compte des mécanismes propres au trauma. Apportée avec compréhension et soin elle peut offrir un outil habile et complémentaire à d'autres approches dans la guérison du trauma.  L'instructeur se forme à la pratique de la pleine conscience sensitive au trauma et s'engage à une conversation ouverte à ce sujet.

La méditation est contra-indiquée dans certaines conditions.

Cet article (en anglais) vous offre une intéressante vue d'ensemble sur l'état de la recherche actuelle.

menée sur une période de 9 mois au cours de laquelle un groupe d'adultes en bonne santé âgés de 20 à 55 ans a reçu un entraînement à diverses pratiques méditatives en modules de 3 mois impliquant trois domaines fonctionnels différents: (i) la pleine attention et l'introspection, (ii) des compétences socio-affectives (compassion, gestion des émotions difficiles, motivation pro-sociale) et (iii) des compétences socio-cognitives (perception, prise de perspective et méta-cognition).